Les dieux slaves
Il est bon parfois de revenir en arrière... De revoir ou de réentendre les voix d'un autre temps, encore présentes dans notre propre
conscience.
Il est difficile de casser certains des tabous de l'inconscient collectif d'un peuple. Dans les simples lignes qui vont suivre il s'agira
justement de casser le tabou millénaire du peuple russe sur le plan de sa mémoire païenne.
Cet interdit culturel a conduit la conscience populaire russe vers l'océan des croyances, superstitions et proverbes qui vivent avec et dans l'âme russe. Pour mieux comprendre
aujourd'hui, il faut donc regarder hier, le passé récent et très ancien de la mythologie slave de la Rous'.
Il ne s'agit point de construire un système parfait de la croyance païenne : elle n'existait pas au moment du passage au christianisme. Il ne s'agit pas non plus d'humilier
l'Olympe des dieux slaves, s'appuyant sur l'importance non contestable de la religion chrétienne pour la Russie. Il s'agit tout simplement de faire comprendre que nos ancêtres pouvaient croire,
parler et même créer au même niveau philosophique que nous. Au même niveau, mais pas avec le même langage, puisque le leur était celui des mythes. Cette langue ne sera plus inconnue pour nous à
la fin, mais il faudrait beaucoup patienter, car le chemin est quand même assez long... Laissons toutes les contradictions de côté et essayons d'être objectifs pour nos propres prédécesseurs.
Enfin, un proverbe dit : "Celui qui tire dans le passé d'un fusil recevra de l'avenir un coup de canon". Soyons prudents, car l'avenir est imminent.
La Cosmologie des Rous'
- la partie haute est le monde des vivants, des hommes.
Autour de la Terre, comme les pellicules et la coquille de l'oeuf, se placent Neuf Cieux. Remarquons que le chiffre "neuf" représente en soit trois fois trois, donc il est triplement sacré pour les slaves (la notion de sacré pour certains chiffres existait bien chez les slaves).
Certains scientifiques disent que les slaves représentaient l'univers en forme díun grand oeuf. Nos voisins Scythes ou Fins ont même des légendes disant que cet oeuf serait
pendu par un oiseau "cosmique". Les slaves mêmes ont gardé dans leur folklore des mythes de la Grande Mère, qui enfanta la Terre et le Ciel. Son nom serait alors
(Zhiva, "Vivante").
L'univers slave se construit de la manière suivante : Au milieu se place le "jaune d'oeuf", la Terre. Il est coupé en deux
parties :- la partie haute est le monde des vivants, des hommes.
- La partie basse est celle du Bas Monde, du monde des morts et de la nuit. Il est intéressant de remarquer que les Russes pensaient que quand il faisait nuit dans le Bas
Monde, dans le monde des hommes, il faisait jour. Pour arriver au Bas Monde il fallait traverser la Mère-océan, qui entoure la Terre.
Autour de la Terre, comme les pellicules et la coquille de l'oeuf, se placent Neuf Cieux. Remarquons que le chiffre "neuf" représente en soit trois fois trois, donc il est triplement sacré pour les slaves (la notion de sacré pour certains chiffres existait bien chez les slaves).
Chaque ciel a sa destination propre : Un pour le Soleil et les étoiles, l'autre pour la Lune et encore un pour les nuages et
les vents... Le septième était alors le ciel "dur", le fond des cieux. C'est ici que se plaçait la réserve de l'eau, cette source des pluies et des orages. Les Russes croyaient qu'on pouvait
accéder au ciel par l'Arbre du Monde, qui lie entre eux le Bas Monde, la Terre et tous les neufs cieux. On pense d'ailleurs que cet arbre était semblable à un très grand et très beau chêne. A
une seule différence des autres chênes : sur celui-là mûrissent les fruits et les grains de tous les autres arbres et plantes de la terre.
Là où l'Arbre dépasse le septième ciel, il y a une île nommée "irij", "virij", d'où, peut-être, le mot
"raj" qui signifie en russe "Paradis", et sur laquelle tous les ancêtres des animaux et des bêtes marines vivent en liberté :
le "vieux" ours, la "vieille" baleine, etc.
Vieux dans ce cas-là ne signifie point la vieillesse du corps, mais plutôt la maturité. C'est ici que se rassemblent tous les oiseaux en automne. C'est là que les "âmes" des
animaux tués en chasse viennent pour se reposer en paix. L'animal tué rencontrait son ancêtre et lui racontait son sort. Le chasseur alors devait remercier l'animal tué pour lui avoir permis
de prendre sa fourrure et sa viande; il devait promettre de ne faire souffrir un pauvre animal sous aucune exception. Cela permettait aux "vieux" animaux d'envoyer à nouveau l'animal tué sur
la terre, pour que la race reste en croissance. Comme nous voyons, la religion paléoslave était très marquée par le monde qui entourait les villages. La forêt, les animaux sauvages, le ciel
et la terre - tout était déifié, divinisé.
Nous voyons aussi les liens éminents entre la mythologie slave et les mythes de l'Ouest européen. Ces liens sont présentés par l'Arbre du Monde, la séparation des cieux, l'île
au septième ciel...Cette île se nomme aussi "Buyan". Ce nom est bien connu par les contes ou les chants populaires comme un lieu de la paix, de la lumière et
du bien.
"L'Olympe" des dieux de la Rous'
Si on s'efforce de ramener le paganisme paléoslave à un certain nombre des dieux bien distincts, cet effort s'avérera à notre grand étonnement très pauvre et peu
compréhensible. Les renseignements que nous possédons sont parfois peu fiables, souvent confus et presque toujours contradictoires. Nous essaierons de faire de notre mieux pour construire une
vision la plus juste et véritable sur l'Olympe slave. Les anciens pensaient que la Terre et le Ciel étaient vivants, comme les hommes. Ils pensaient même que c'était un couple d'amour ayant
donné vie à tous les êtres vivants.
Le dieu du Ciel, le Père de tout ce qui existe chez les Rous', s'appelait Svarog. Ce nom pourrait signifier "quelque chose du
ciel" , "brillante" et "splendide". D'autres scientifiques pensent que le nom de ce dieu est "Stribog". En traduisant ce nom en russe actuel, nous remarquons
que la signification n'est autre que : "Père-Dieu". C'est lui qui a donné aux premiers slaves les pinces de forgeron grâce auxquelles ils ont fabriqué le
bronze, le cuivre et le fer. Le même dieu a donné aux Rous' ce que nous appellerons aujourd'hui "des lois". Ces lois sont liées au comportement sexuel : ils interdisent la polygamie dans la
pro-société russe. Nous pouvons trouver l'écho de cette divinité archaïque dans les récits russes du XIIe et XIIIe siècle.
La Terre portait le nom de "Makoch". Tous les scientifiques ne partagent pas le même avis sur cette divinité. Certains pensent effectivement qu'elle servait de divinité "Terre-Mère", celle à qui nous (les slaves anciens) devons tout. Elle est la mère de tous, la "Dame de la Vie", celle qui donne une bonne récolte agricole, celle qui est la femme de Svarog. D'autres sont plus rigoureux à son sujet. Ils pensent que cette divinité, souvent représentée en costume féminin de la Russie nordique actuelle, était une divinité dans un domaine strictement féminin : le filage. Siniavski écrit : "On croyait que, quand la maisonnée était endormie, Makoch s'installait au rouet". Elle était aussi l'incarnation des principes nocturnes et humides. Comme remarque même A. Siniavski, cette déesse se transformait à la fin de la période païenne en gnome femelle, ou, au contraire, fut assimilée à sainte Parascève (on l'appelle "la sainte baba" en Russie profonde! ), Protectrice des femmes.
La Foudre, le Soleil et le Feu étaient les enfants de ce couple divin. Le dieu de soleil portait le nom de "Dajdbog". Ce nom vient d'une expression très populaire, même en Occident : "Donne-nous, mon Dieu ", à quelques mots près notre Pater. Il faisait fonction de Dieu du Soleil, mais aussi, selon certaines sources, de Dieu des Moissons et des Récoltes. Les slaves croyaient qu'il parcourait le ciel dans un quadrige, avec quatre chevaux blancs, portant chacun une crinière d'or. Les Russes eux-mêmes s'identifiaient aux enfants de Dajdbog, portant autour de leur cou ou sur la ceinture des talismans en forme de canards à tête de cheval. Pourquoi les canards ? Parce qu'ils pensaient que leur dieu traverse l'Océan deux fois par jour dans une barque, en se servant pour moteur... Des canards, des cygnes, des oies.
L'Aurore et le Coucher du Soleil étaient ses soeurs, dont l'Aurore est sa toujours jeune femme. Le jour de l'été, à la saint Jean-Baptiste, on fêtait leurs noces. Certains chercheurs pensent que le signe de Dajdbog est notre croix actuelle. Nous pensons que ce signe était plutôt d'une forme semblable à une croix, mais pas plus qu'un... Svastika. D'ailleurs ce signe solaire, très répandu du Tibet jusqu'en Irlande, est porté aujourd'hui par des nationalistes de toutes les couleurs en Russie. Nous pouvons dire en toute sincérité que ce symbole ambigu est très difficile à interpréter, même en dehors du contexte actuel.
Le frère du soleil, le dieu de l'Orage, de la Foudre "Peroun", était vénéré comme le protecteur du kniaz (le prince) et de ses troupes guerrières.
Voilà ce que A. Siniavski écrit sur cette divinité : "On sait que, peu de temps avant le baptême de la Russie, en 980, le Prince de Kiev, Vladimir, éleva sur une colline à côté de son palais quelques idoles, notamment une idole en bois de Peroun dont la tête était en argent et les moustaches en or. Lors du baptême de la Russie ces idoles furent renversées et abreuvées d'insultes. La statue de Peroun fut attachée à la queue d'un cheval, traînée par terre, rouée de coups et jetée dans le Dniepr. La statue tantôt s'enfonçait et tantôt surnageait. Les habitants couraient sur la berge en pleurant, accompagnant Peroun et le suppliant de revenir à la surface et de sortir de la rivière, ce qui aurait été une preuve de son authenticité et de sa force. Mais Peroun ne revint pas à la surface, signe décisif de la victoire du christianisme sur les dieux païens" Plus tard, dans la culture populaire christianisée, les fonctions positives de Peroun, dieu du tonnerre et des éclairs, furent transférées au prophète Élie. Ce sont des fonctions terrifiantes : exprimant le juste courroux de Dieu, et bienfaisantes : la pluie. D'après les dictons populaires : "Il y a toujours de l'orage le jour de la fête du prophète Elie". Le Feu était aussi sacré pour les anciens slaves. Il était un véritable centre de la vie des hommes, puisque tout était autour du feu : le repas, la naissance, la mort... Le Feu était aussi la source de la genèse humaine, car à la naissance du monde, les dieux ont façonné l'homme et la femme de deux branches, entre lesquelles une braise de feu a fait naître l'amour ... La légende est belle, même si, comme on le voit plus tard, la réalité des mythes n'est point pareille. Il paraît que le nom de dieu était tellement sacré qu'aucun écho de ce nom n'est parvenu jusqu'à nous.
Le dieu du Ciel, le Père de tout ce qui existe chez les Rous', s'appelait Svarog. Ce nom pourrait signifier "quelque chose du
ciel" , "brillante" et "splendide". D'autres scientifiques pensent que le nom de ce dieu est "Stribog". En traduisant ce nom en russe actuel, nous remarquons
que la signification n'est autre que : "Père-Dieu". C'est lui qui a donné aux premiers slaves les pinces de forgeron grâce auxquelles ils ont fabriqué le
bronze, le cuivre et le fer. Le même dieu a donné aux Rous' ce que nous appellerons aujourd'hui "des lois". Ces lois sont liées au comportement sexuel : ils interdisent la polygamie dans la
pro-société russe. Nous pouvons trouver l'écho de cette divinité archaïque dans les récits russes du XIIe et XIIIe siècle.La Terre portait le nom de "Makoch". Tous les scientifiques ne partagent pas le même avis sur cette divinité. Certains pensent effectivement qu'elle servait de divinité "Terre-Mère", celle à qui nous (les slaves anciens) devons tout. Elle est la mère de tous, la "Dame de la Vie", celle qui donne une bonne récolte agricole, celle qui est la femme de Svarog. D'autres sont plus rigoureux à son sujet. Ils pensent que cette divinité, souvent représentée en costume féminin de la Russie nordique actuelle, était une divinité dans un domaine strictement féminin : le filage. Siniavski écrit : "On croyait que, quand la maisonnée était endormie, Makoch s'installait au rouet". Elle était aussi l'incarnation des principes nocturnes et humides. Comme remarque même A. Siniavski, cette déesse se transformait à la fin de la période païenne en gnome femelle, ou, au contraire, fut assimilée à sainte Parascève (on l'appelle "la sainte baba" en Russie profonde! ), Protectrice des femmes.
La Foudre, le Soleil et le Feu étaient les enfants de ce couple divin. Le dieu de soleil portait le nom de "Dajdbog". Ce nom vient d'une expression très populaire, même en Occident : "Donne-nous, mon Dieu ", à quelques mots près notre Pater. Il faisait fonction de Dieu du Soleil, mais aussi, selon certaines sources, de Dieu des Moissons et des Récoltes. Les slaves croyaient qu'il parcourait le ciel dans un quadrige, avec quatre chevaux blancs, portant chacun une crinière d'or. Les Russes eux-mêmes s'identifiaient aux enfants de Dajdbog, portant autour de leur cou ou sur la ceinture des talismans en forme de canards à tête de cheval. Pourquoi les canards ? Parce qu'ils pensaient que leur dieu traverse l'Océan deux fois par jour dans une barque, en se servant pour moteur... Des canards, des cygnes, des oies.
L'Aurore et le Coucher du Soleil étaient ses soeurs, dont l'Aurore est sa toujours jeune femme. Le jour de l'été, à la saint Jean-Baptiste, on fêtait leurs noces. Certains chercheurs pensent que le signe de Dajdbog est notre croix actuelle. Nous pensons que ce signe était plutôt d'une forme semblable à une croix, mais pas plus qu'un... Svastika. D'ailleurs ce signe solaire, très répandu du Tibet jusqu'en Irlande, est porté aujourd'hui par des nationalistes de toutes les couleurs en Russie. Nous pouvons dire en toute sincérité que ce symbole ambigu est très difficile à interpréter, même en dehors du contexte actuel.
Le frère du soleil, le dieu de l'Orage, de la Foudre "Peroun", était vénéré comme le protecteur du kniaz (le prince) et de ses troupes guerrières.Voilà ce que A. Siniavski écrit sur cette divinité : "On sait que, peu de temps avant le baptême de la Russie, en 980, le Prince de Kiev, Vladimir, éleva sur une colline à côté de son palais quelques idoles, notamment une idole en bois de Peroun dont la tête était en argent et les moustaches en or. Lors du baptême de la Russie ces idoles furent renversées et abreuvées d'insultes. La statue de Peroun fut attachée à la queue d'un cheval, traînée par terre, rouée de coups et jetée dans le Dniepr. La statue tantôt s'enfonçait et tantôt surnageait. Les habitants couraient sur la berge en pleurant, accompagnant Peroun et le suppliant de revenir à la surface et de sortir de la rivière, ce qui aurait été une preuve de son authenticité et de sa force. Mais Peroun ne revint pas à la surface, signe décisif de la victoire du christianisme sur les dieux païens" Plus tard, dans la culture populaire christianisée, les fonctions positives de Peroun, dieu du tonnerre et des éclairs, furent transférées au prophète Élie. Ce sont des fonctions terrifiantes : exprimant le juste courroux de Dieu, et bienfaisantes : la pluie. D'après les dictons populaires : "Il y a toujours de l'orage le jour de la fête du prophète Elie". Le Feu était aussi sacré pour les anciens slaves. Il était un véritable centre de la vie des hommes, puisque tout était autour du feu : le repas, la naissance, la mort... Le Feu était aussi la source de la genèse humaine, car à la naissance du monde, les dieux ont façonné l'homme et la femme de deux branches, entre lesquelles une braise de feu a fait naître l'amour ... La légende est belle, même si, comme on le voit plus tard, la réalité des mythes n'est point pareille. Il paraît que le nom de dieu était tellement sacré qu'aucun écho de ce nom n'est parvenu jusqu'à nous.
Des Dieux plus Familiers...
Venons maintenant aux dieux plus familiers à notre simple égard, habitué aux panthéons grec et romain, où tout est centré autour de la naissance des dieux, des hommes, mais
jamais du Monde par ces mêmes dieux, cela vient seulement dans les mythologies nord européenne. Le dieu "Rod" et les déesses "Rozhanicy", sur lesquels les avis des scientifiques sont partagés depuis bien longtemps, sont les divinités de l'amour, de la naissance, de la famille et de relations
entre les deux sexes. Il est bien probable que ces divinités étaient en quelque sorte inférieure aux autres. Il reste qu'ils sont très souvent mentionnés dans les chants, dans les fables et
dans tant d'autres poèmes populaires. Les déesses sont deux, la déesse-mère : "Lada", et la déesse-fille : "Lélia" :
- La "mère" était la déesse des récoltes d'automne et de la maison. Il est probable qu'elle faisait aussi fonction de divinité du calendrier, donc, la mère du temps et des saisons.
- Sa "fille" est la déesse de Printemps, de l'amour et des nouveau-nés. Mais nous en connaissons très peu sur ces divinités si chères aux hommes et à toutes les générations de nos ancêtres.
A leurs côtés, on trouvait "Jarila", le dieu de fécondité, grâce auquel la Terre et toutes les créatures portaient des fruits. C'est pourquoi son
nom se rattache aux termes désignant le printemps, la germination rapide des épis et la vigueur sexuelle.
"Jar", au sens de chaleur et d'ardeur, se trouve dans nombre d'expressions populaires. Parmi les figures animales de l'épopée populaire, les chercheurs associent de préférence à Jarila, le boeuf sauvage (bison, tour) symbole de la force virile. Le conte substitue parfois au bison un cerf aux cornes d'or que le héros a pour tâche de capturer. En fait, le culte de Jarila, comme son homologue grec, avec les "Jeux Dionysiaques", est un culte phallique, et l'enterrement des parties viriles, à l'apogée des fêtes, est un symbole de conception. En prenant le concept de conte sous forme d'un mythe désacralisé pour tous ceux qui l'écoutent et qui le racontent, il ne faut jamais oublier que cet écho d'une information sacrée porte quand même en soi un système de repères mythologiques très importants.
Nous connaissons très bien le "Serpent" des vieux contes russes, avec qui tous les bons héros combattaient en permanence. Vous êtes-vous déjà demandé l'identité de ce personnage ?
Dans la mythologie slave,
nous connaissons bien le "Dieu du Bétail" soit "Veles" ou "Volos" qui est une antithèse de
Peroun. Son nom indique déjà son appartenance au monde des bêtes, car "volos" veut dire "poil", donc "fourrure". En même temps, ce mot désignait jadis un ver de terre, un serpent. De cette
étymologie mi-scientifique, mi-populaire les chercheurs ont construit le concept du Serpent dans les contes russes, en identifiant "Veles" au Serpent. D'autres spécialistes associent Veles au
culte primitif de l'ours qui était vénéré comme maître des forets et de tous les animaux sauvages, et se situait à la frontière des natures humaine et animale.
Nous trouvons aussi bien de points fondamentaux
de cette théorie dans les contes populaires. L'ours dans les contes peut se marier avec une humaine et avoir un fils humain. Selon une tradition, l'ours aurait été autrefois humain.
Cette attitude favorable et respectueuse vis-à-vis de l'ours se manifeste aussi dans la langue qui désigne l'ours par toutes sortes de noms et diminutifs affectueux : Micha, Mikhaïl Ivanovitch, Mikhaïlo Potapovitch ; quant à l'ourse, on l'appelait Matriona, Aksinia. L'ours était censé avoir la capacité de se transformer en homme notamment... Par la suite, à l'époque chrétienne, saint Vlassy, protecteur du bétail, se substitua à Veles.
Pour conclure ce thème long et très intéressant de la mythologie cosmogonique de Slaves orientaux, j'aimerais reprendre quelques lignes d'A.Siniavski, qui résument bien l'état actuel des recherches sur le paganisme de la Russie ancienne. "Quand on étudie les dieux des Slaves orientaux, on ne peut éviter un certain sentiment de frustration ou de perplexité. Nos connaissances comportent trop de lacunes et de questions non résolues. Pourquoi, par exemple, certains dieux font-ils manifestement double emploi ? [...] Par ailleurs on est étonné par l'image peu nette et l'absence de fonctions bien définies et de relations réciproques qui caractérisent certains de ces dieux. Mais surtout pourquoi ces dieux ont-ils si rapidement disparu de la mémoire populaire ? En dépit de sa double allégeance persistante (c'est-à-dire de sa propension à mêler et à fondre les traditions païennes et la religion chrétienne), le peuple ne conserva aucun souvenir de ces grands dieux païens et semble même ne pas y avoir été très solidement attaché [...] Certains spécialistes expliquent le caractère informe de l'Olympe russe par le fait que tous ces dieux étaient apparus assez tardivement en Russie où ils avaient été imposés dans le but d'affermir une religion d'Etat dépourvue de racines profondes dans la conscience populaire [...] La vérité est sans doute que Peroun et les autres dieux dotés d'une personnalité distincte en Russie ne constituaient que la surface apparente d'un paganisme slave qui n'eut pas le temps de donner naissance à une mythologie solide, sur le modèle de l'antique, et dont le contenu était beaucoup plus large et plus profond que ces idoles désignées nommément". Cela dit, cette déficience présente de la mythologie slave nous donne par ailleurs un avantage, car elle constitue un champ de recherche et de réflexion tellement vaste, qu'il conduit à la réflexion même sur la religion mouvante et vivante des Russes, telle qu'elle était au moment du baptême et à ses suites. Les peintures illustrant cette page sont tirées du site : http://www.rql.kiev.ua/kurgan/klim.html et les dessins de Svarog et Volos, du site : http://www.srpsko-nasledje.co.yu/sr-l/1998/02/article-17.htm Bibliographie : Trois livres pour approfondir l'étude sur les dieux de l'ancienne Russie : Un est en russe, accessible et très bien écrit : "My slaviané" de Maria Sémionova ; deux autres en français : "Le paganisme de Slaves anciens" de Boris Rybakov "Ivan le Simple" d'André Siniavski.
Ecrit par Vladimir Frolov (Frère Nicodème)
Article extrait de :
Ecrit par Vladimir Frolov (Frère Nicodème)
"Jar", au sens de chaleur et d'ardeur, se trouve dans nombre d'expressions populaires. Parmi les figures animales de l'épopée populaire, les chercheurs associent de préférence à Jarila, le boeuf sauvage (bison, tour) symbole de la force virile. Le conte substitue parfois au bison un cerf aux cornes d'or que le héros a pour tâche de capturer. En fait, le culte de Jarila, comme son homologue grec, avec les "Jeux Dionysiaques", est un culte phallique, et l'enterrement des parties viriles, à l'apogée des fêtes, est un symbole de conception. En prenant le concept de conte sous forme d'un mythe désacralisé pour tous ceux qui l'écoutent et qui le racontent, il ne faut jamais oublier que cet écho d'une information sacrée porte quand même en soi un système de repères mythologiques très importants.
Nous connaissons très bien le "Serpent" des vieux contes russes, avec qui tous les bons héros combattaient en permanence. Vous êtes-vous déjà demandé l'identité de ce personnage ?
Dans la mythologie slave,
nous connaissons bien le "Dieu du Bétail" soit "Veles" ou "Volos" qui est une antithèse de
Peroun. Son nom indique déjà son appartenance au monde des bêtes, car "volos" veut dire "poil", donc "fourrure". En même temps, ce mot désignait jadis un ver de terre, un serpent. De cette
étymologie mi-scientifique, mi-populaire les chercheurs ont construit le concept du Serpent dans les contes russes, en identifiant "Veles" au Serpent. D'autres spécialistes associent Veles au
culte primitif de l'ours qui était vénéré comme maître des forets et de tous les animaux sauvages, et se situait à la frontière des natures humaine et animale.
Nous trouvons aussi bien de points fondamentaux
de cette théorie dans les contes populaires. L'ours dans les contes peut se marier avec une humaine et avoir un fils humain. Selon une tradition, l'ours aurait été autrefois humain.Cette attitude favorable et respectueuse vis-à-vis de l'ours se manifeste aussi dans la langue qui désigne l'ours par toutes sortes de noms et diminutifs affectueux : Micha, Mikhaïl Ivanovitch, Mikhaïlo Potapovitch ; quant à l'ourse, on l'appelait Matriona, Aksinia. L'ours était censé avoir la capacité de se transformer en homme notamment... Par la suite, à l'époque chrétienne, saint Vlassy, protecteur du bétail, se substitua à Veles.
Pour conclure ce thème long et très intéressant de la mythologie cosmogonique de Slaves orientaux, j'aimerais reprendre quelques lignes d'A.Siniavski, qui résument bien l'état actuel des recherches sur le paganisme de la Russie ancienne. "Quand on étudie les dieux des Slaves orientaux, on ne peut éviter un certain sentiment de frustration ou de perplexité. Nos connaissances comportent trop de lacunes et de questions non résolues. Pourquoi, par exemple, certains dieux font-ils manifestement double emploi ? [...] Par ailleurs on est étonné par l'image peu nette et l'absence de fonctions bien définies et de relations réciproques qui caractérisent certains de ces dieux. Mais surtout pourquoi ces dieux ont-ils si rapidement disparu de la mémoire populaire ? En dépit de sa double allégeance persistante (c'est-à-dire de sa propension à mêler et à fondre les traditions païennes et la religion chrétienne), le peuple ne conserva aucun souvenir de ces grands dieux païens et semble même ne pas y avoir été très solidement attaché [...] Certains spécialistes expliquent le caractère informe de l'Olympe russe par le fait que tous ces dieux étaient apparus assez tardivement en Russie où ils avaient été imposés dans le but d'affermir une religion d'Etat dépourvue de racines profondes dans la conscience populaire [...] La vérité est sans doute que Peroun et les autres dieux dotés d'une personnalité distincte en Russie ne constituaient que la surface apparente d'un paganisme slave qui n'eut pas le temps de donner naissance à une mythologie solide, sur le modèle de l'antique, et dont le contenu était beaucoup plus large et plus profond que ces idoles désignées nommément". Cela dit, cette déficience présente de la mythologie slave nous donne par ailleurs un avantage, car elle constitue un champ de recherche et de réflexion tellement vaste, qu'il conduit à la réflexion même sur la religion mouvante et vivante des Russes, telle qu'elle était au moment du baptême et à ses suites. Les peintures illustrant cette page sont tirées du site : http://www.rql.kiev.ua/kurgan/klim.html et les dessins de Svarog et Volos, du site : http://www.srpsko-nasledje.co.yu/sr-l/1998/02/article-17.htm Bibliographie : Trois livres pour approfondir l'étude sur les dieux de l'ancienne Russie : Un est en russe, accessible et très bien écrit : "My slaviané" de Maria Sémionova ; deux autres en français : "Le paganisme de Slaves anciens" de Boris Rybakov "Ivan le Simple" d'André Siniavski.
Ecrit par Vladimir Frolov (Frère Nicodème)
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Ecrit par Vladimir Frolov (Frère Nicodème)
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